Le corps, c’est notre bien le plus précieux. Celui de cet enfant est atteint d’une faiblesse que nous découvrons au début du film avec un humour et une grande sensibilité qui vont marquer toute cette histoire, celle d’une famille d’agriculteurs de la Bauce, le grenier à blé de la France. Lui est le second fils. Nous verrons aussi grandir une petite sœur dans ce couple et cet univers rural en proie à bien des difficultés.
Contraint à porter une orthèse de Milwaukee, cet adorable préadolescent n’aura pas dans sa scolarité, dans sa famille, une place simple. C’est ce qui rend le film intéressant.
Il est dessiné avec un talent singulier, les traits sont très épurés, réduits parfois au stricte nécessaire pour être signifiants. Les couleurs sont traitées en à-plat, en demi-teinte ce qui confère à l’image une douceur dans laquelle baignent les protagonistes, parfois fâcheux, ou complices. Une sorte de premier amour apporte une émotion supplémentaire.
Il ne faut rien dire de l’histoire car elle va se dévoiler au fil du temps, avec nombres de surprises, un peu d’onirisme, une ambiance sonore très soignée qui nous fait entendre de la musique diégétique, le requiem de Fauré interprété à l’orgue. Vous apprécierez une riche ambiance, celle de la vie agricole.
Le réalisateur a déjà œuvré à bon nombre de films d’animation, e.a. Astérix.
Mais ici, pour sa première œuvre de création, il donne toute la mesure de son talent singulier pour servir une histoire qui lui est proche et que chacun, adulte comme jeunes, peut ressentir de multiples façons, un rare plaisir au cinéma et singulièrement d’animation.