Il est des films que l’on regarde, fasciné, certain immédiatement que les images, les personnages, l’histoire, marqueront pour toujours nos mémoires.
C’est un film exceptionnel. Islandais, ce qui déjà n’est pas ordinaire. La langue est totalement incompréhensible et pourtant le ton des voix passe très bien. Aucun acteur n’est connu et tous sont parfaits. Ils ont une force, une évidence qui les imposent au ciné-ma, comme un Rodin à la sculpture ou un Rubens au portrait.
Le lieux est improbable, d’une grande majesté, un vaste espace où se déroule une vie à un rythme que nous n’avons sans doute jamais connu : celui du jour pâle et de la nuit, longue l’hiver, du soleil et de la neige, avec les exigences saisonnières d’éleveurs de béliers. Ce sont les reproducteurs mâles chez les moutons, les pères des agneaux. Et certains se souviendront du ravage provoqué par
« la tremblante du mouton » en Angleterre. Alors me direz-vous, qu’est-ce qu’il y a à voir ? Et bien, un milieu aussi rustique peut porter en lui des récits dignes d’Homère. Avec l’image en plus.
C’est fascinant, calme et fort, d’une puissance dramatique croissante, admirablement maitrisée.
Ceux qui s’inquiètent de savoir comment conter une histoire singulière par un excellent scénario, dans un rythme très maîtrisé, avec des rebondissements subtiles et imprévisibles, qu’ils aillent voir ce film particulièrement remarquable.