Un film extraordinaire. Par le sujet, par la structure. Elser est un héros historique que l’histoire a un peu oublié. Allez vous informer, vous rafraichir la mémoire. Cela commence avant la guerre, en Allemagne, et se termine au moment où Daschau va être libéré. Oliver Hirschbiegel a quelques films au compteur, dont Diana dans le genre glamour et La Chute dans le même style que Elser : l’Allemagne nazie. Et l’on ne nous épargne rien : la torture, la pendaison, la violence abjecte.
Mais il est nécessaire que la fiction redonne vie à ce que seules les mémoires finissantes des témoins avaient gardé souvent enfoui dans leurs cauchemars.
La structure du film est comme un damier, faite d’alternance entre le récit d’Elser prisonnier, et d’Elser avant. Et cela fonctionne très bien car l’un nourrit, se nourrit de l’autre.
Nous voyons la transformation que la victoire du National Socialisme a pu opérer sur ces esprits faibles et sanguinaires. Nous comprenons les motivations des uns et des autres, la solitude souvent de cette génération épouvantée par son destin implacable.
C’est bien rendu, bien montré, très intime dans les scènes en général. Une époque est restituée devant nous et l’on s’interroge sur ce que nous, nous aurions fait. Ester seul a essayé de faire barrage à ce qu’il prévoyait être le mal absolu. Cela n’a rien d’ordinaire.