Film de jeunes adolescents qui se livrent à leur sexualité débutante avec une gourmandise qui n’a d’égal que son manque de motivation. La mécanique des corps. Et ça copule joyeusement, en groupe. Les liaisons dangereuses, mais les dialogues ne sont pas de Pierre Choderlos de Laclos et le raffinement subtile de Stephen Frears n’est pas l’objectif de la réalisatrice qui veut être très contemporaine. Peut-être... ce n’est plus de mon âge.
Mais le film a ceci d’intéressant qu’il interpelle toutes les générations : les jeunes que le désir commence à envahir, les plus âgés en pleine activité sexuelle débridée, les parents confrontés à ces comportements qu’ils ignorent ou qui leur échappent, au plus vieux qui ont un peu de nostalgie parce que cela évoque de bons souvenirs ou la grande frustration de n’avoir pu partager des parties de fesses en l’air. Le scénario est assez bien construit, un
peu répétitif (mais n’est-ce pas le propre de la sexualité ?) avec de petites idées.
Ce qui retient plus particulièrement l’attention c’est l’absence totale de morale, de sentiments et de sens de la dignité, et le tout, filmé inlassablement par cet accessoire omniprésent qu’est le smartphone.
Les impressions que laissent le film ne sont pas négligeables. Un certain malaise ; pas tant à cause des images qui sont cadrées avec tact. Une grande angoisse que font renaître les MST (maladies sexuellement transmissible). Une profonde tristesse devant ce manque total d’affectivité liée aux jeux de l’amour. Le sentiment qu’une génération n’a pas été préparée aux relations affectives, à la tendresse, au respect. Et aussi l’impression d’avoir le temps d’un