Ce nom curieux est celui donné à un petit groupe de journalistes d’investigation qui, à Boston, au journal The Globe, entament une enquête approfondie sur les prédateurs sexuels du clergé catholique.
L’affaire est donc historique et c’est le récit de cette enquête, vécu de l’intérieur, qui est proposé. Avec beaucoup de subtilité, de richesse et d’intérêt.
Être au cœur d’une rédaction de journal est toujours amusant, les personnalités bien campées, les confrontations d’égo, les approches culturelles et générationnelles, hiérarchiques aussi, sont finement utilisées durant le film.
Aucune séquence jamais ne laisse la place à des propos ou des images inconvenantes quant au martyr vécu par ces jeunes victimes de centaines de prêtres, couverts par leur hiérarchie qui tout au plus les changeait d’affectation et dédommageait médiocrement les familles humiliées.
Quelques témoins sont admirablement évoqués qui font comprendre pourquoi, tant d’années après les faits, il reste essentiel de dire et de sanctionner.
Mais il y a aussi toute une série d’adultes plus ou moins proches de ces drames et qui ont, pour divers motifs, contribué à étouffer l’affaire. De façon très subtile l’on découvre comment les consciences se réveillent, comment ce qui est refoulé, presque oublié, revient en mémoire et devient une priorité, un devoir.
Le film n’est pas du « grand » cinéma spectaculaire. Les reconstitutions d’époque sont joliment faites, les acteurs tous excellents, l’image efficace en cadrages, en mouvements.
C’est le genre de film qui vous épargne la lecture ou vous donne envie de lire les livres contant plus en détails alors, ce que l’on vient de vous raconter en l’incarnant.