Le film est un spectacle amusant souvent, dépaysant. Un village en bout de ligne de chemin de fer dans une zone minière au Chili. Les personnages qui s’y croisent sont hauts en couleur, le décor est très bien reconstitué, les costumes, les petits rôles sont savoureux. L’histoire avance bien, la fanfare rassemble les esprits du lieu. Mais il y a une grande faiblesse de scénario : un antagonisme violent entre deux parties des habitants provoque un drame. Or, l’une des deux parties reste pratiquement inconnue, mis à part quelques militaires d’opérettes. Ce qui est par contre rédhibitoire, c’est le jeu des acteurs. Sauf Marie Gillain qui est (comme d’habitude) délicieuse, charmante, toujours juste et souvent émouvante. Malheureusement tout le reste de la distribution est à la ramasse, désolante de balourdise, certes plombée par un dialogue écrit au burin, sans le moindre sens de la réplique. Cela tombe chaque fois à plat après ce qui est ressenti comme des « tunnels » même s’ils ne sont que de quelques mots. Bref un exemple parfait d’une direction d’acteur calamiteuse, d’une distribution maladroite et de l’utilisation du cinéma comme l’on ne le fait plus depuis des décennies. Dommage. Un mirage sans fanfare.
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