Quel délice ! Un film d’une subtilité, d’une délicatesse exceptionnelles. Entièrement centré sur le personnage de Charlotte Rampling, sublime. Elle est de tous les plans, souvent muette, méditative et toujours tellement habitée, juste, ses regards sont fascinants, elle bouge de façon si appropriée. Son partenaire, Tom Courtenay, est parfaitement à la hauteur, mais la caméra le néglige un peu. Ce déséquilibre subtil sert parfaitement le sujet du film. Il démarre par une lettre et durant une semaine, les choses évoluent intensément pour se résoudre d’un geste. D’un seul. Le spectateur est suspendu, charmé, touché par ces deux êtres qui vont vivre ce moment où l’histoire de l’un d’eux donnera un éclairage inattendu à 45 années de vie de couple.
La photographie de ce film en fait un régal pour les yeux, les rôles secondaires, les figurants sont excellents, les cadrages d’une belle élégance.
La bande sonore et les musiques sont choisies de façon tout à fait appropriées et ajoutent au plaisir du spectacle. Le réalisateur n’est pas connu encore, Andrew Haigh se dit « ouvertement gay » et peut-être cette sensibilité si présente durant tout le film lui donne-t-il un supplément d’acuité...