Kitch et charmant. Voici un récit édulcoré, d’un romantisme désuet, conté avec un zeste d’excès en tout, qui lui donne un charme délicieux, comme ces bonbons au goût un peu acidulé d’une cou-leur qui n’est qu’à eux et que l’on retrouve comme un petit morceau d’enfance.
Le scénario est impeccablement construit. C’est son traitement qui séduit ou irrite selon que l’on aimera le jeu légèrement for-cé des acteurs, les cadrages très installés, les champs-contre champs comme à l’école, les costumes de poupées, les décors ripolinés, le bastingage des bateaux repeint du jour, les éclairages systématiques avec un décrochage dans les cheveux pour les rendre brillants, et détacher les visages, très glamour.
C’est une façon de faire qui ne manque pas de charme à mes yeux. Même si cela peut avoir l’air un peu passé de mode, comme si ce film était au cinéma ce qu’un roman de la collection Arlequin est à la littérature. Ça se laisse voir. Et quelques scènes sont très bien enlevées, amusantes et elles font rire.
D’autant plus apprécié que le sujet est très d’actualité : la migration économique, l’éloignement de la mère (patrie) au delà des mers. A une époque sans portables, sans skype.