Pas de risque d’être victime, mais ce film superbe, d’une grande beauté formelle, entraîne le spectateur dans un univers dont les codes lui échappent. Nous ne connaissons pas et ne comprenons pas les luttes claniques de la Chine du IXe siècle, le poids des personnes qui s’affrontent. C’est une guerre médiévale, les enjeux restent obscures, les modus operandi impénétrables comme les visages de ces hommes et de ces femmes qui manifestement détiennent le pouvoir mais l’exercent de façon très absconse. Le réalisateur Hou Hsiao-hsien est un artiste confirmé à la filmographie abondante mais connue des seuls initiés ; dont je ne suis pas. La découverte du film se fait plus par la beauté formelle, le
mystère impénétrable des relations entre les protagonistes, la chorégraphie des combats, des mouvements de caméra, les lumières superbes, les décors dépaysants. Un film pour spectateurs endurants, prêts aux plus violentes joutes d’après vision car beaucoup tenteront d’assassiner ce film impénétrable avec nos clés sociales, nos références culturelles et historiques. Est-ce une mystification ou un chef d’œuvre pour sinologues médiévistes ? C’est en tous cas une épreuve pour le spectateur qui est hypnoti-sé et comme dans des rêves foisonnant, ne suit plus les logiques supposées donner cohérence à l’ensemble. C’est du chinois.