Quel beau film, d’une dignité, d’une noblesse magnifique. Et d’une simplicité parfaite. Nous suivons une mère - Fatima - ses deux filles et apercevons le père, divorcé. La mère fait des ménages, l’ainée entame des études de médecine, la cadette est en pleine adolescence. Le fil des jours est ordinaire, nous suivons de près les petites choses qui constituent ces vies d’une immense modestie, comme sans doute des milliers de familles les vivent. Nous observons, partageons le quotidien, l’intimité des ces gens déracinés, entre deux langues, deux codes sociaux, deux rêves. Et c’est
très touchant, émouvant et comme c’est vécu, montré de l’intérieur, nous ressentons cette étroitesse de moyens, cette ambition si honorable et nous partageons les épreuves. Le récit est linéaire, les scènes s’enchaînent et s’enrichissent simplement, la caméra filme de près, en plan « épaule, ceinture », sans champs contrechamps mécaniques ; des plans sereins, un film d’une modestie en parfaite harmonie avec le récit qui nous est proposé. Émouvant. Fatima a la main heureuse.