Cher Denis, Cher Frédéric,
Je suis subjugué par la réalisation de Valéry Rosier qui signe là un film documentaire absolument réussi, bouleversant et plein de ce charme qui est à la limite entre la tendresse et la dérision.
Les plans mis en place comme des cartes postales ont tous une humanité, une intensité, une force qui entre immédiatement par les yeux du spectateur jusqu’au fond de son cœur, bercé de musique, ressentant par empathie ce que ressentent les personnes qui nous sont présentées une à une.
Et avec quelle délicatesse, quel sens de la pudeur, du respect et en même temps une intimité qui permet d’assister à leur toilette, à leurs gestes les plus quotidiens dans un univers décrit parfaitement d’un seul regard rectangulaire ; une splendeur à chaque découverte. Nous devrions les nommer tous...
Ensuite viennent les liens qui se nouent de façon fragile, par le téléphone, les aveux, les petites conversations, cette solitude assumée et partagée à la fois, et bien entendu cette radio Puisaleine que l’on découvre petit à petit durant le film.
Il y a une progression soutenue de l’intérêt, des émotions, de la tension presque, qui se construit durant cette petite heure magique.
Nous nous attachons immédiatement à cette équipe improbable de distributeurs de bonheur casqués qui parlent au micro et répondent au téléphone avec une amabilité et une attention sans faille.
Nous observons, le cœur serré, la vie quotidienne de ces picards modestes, anonymes, admirablement mis en lumière dans une humanité profonde et très respectueuse de la singularité, de la fragilité de chacun.