Le film est d’histoire, il se déroule dans l’Allemagne de l’après guerre, celle d’Adenauer, qui a bien du mal avec son récent passé nazi. Certains le cachent, d’autres le protègent... Ce procureur, politiquement irréprochable, est lui déterminé à mener ses traques jusqu’à leurs termes.
C’est le récit de son travail qui fait l’objet de ce biopic passionnant. Passionnant il l’est de deux façons : par la construction, le suspens, les enjeux, les forces en présences, les surprises et la qualité générale de la production. Le casting en particulier est excellent. Passionnant il l’est surtout par les pans d’histoire ainsi révélés, mis en lumière dans toutes leurs complexités.
Un de ces films « nécessaires » car ils témoigneront, pour l’Histoire, des méandres de l’histoire souvent laissés dans l’ombre,
abandonnés à l’oubli si pas aux révisionnistes. Labyrinth of lies
(127) était un de ces films importants sur la même époque comme
Elser, un héros ordinaire (206) ou Le pont des espions (183).
Et comme ce film est un biopic, je m’aventure à une réflexion générale sur ce type de scénarios. A mes yeux il faut que la biographie, dont s’emparent les auteurs de ce genre de récit, soit en lien avec des événements « historiques » de première importance. Car aucune vie ne vaut par elle-même qu’on la raconte, la réincarne.
C’est son contexte et les relations de la personne décrite dans ce contexte qui sont riches et parfois exemplaires. Tel est bien le cas ici puisqu’il s’agit d’un homme qui a dépassé son destin dans un moment de l’histoire sans précédents.