Voici un film de guerre qui renouvelle le genre. D’abord parce que la guerre en question n’a pas encore été beaucoup filmée : nous sommes dans les Balkans en 1995. Ce qui nous vaut des images somptueuses d’une région qui n’est pas faite pour être habitée. Les routes n’en finissent pas de se déployer en lacets serrés sur des collines arides.
Nous sommes dans la zone ONU, avec des blindés blancs, des soldats chapeautés de bleu et tenus d’observer des règles absolument surréalistes. Mais telle est leur mission. Et nous partageons la journée et le travail de quelques humanitaires un peu déjantés. Beaux portraits pour deux acteurs qui en font des tonnes. Deux femmes aussi, hystérique l’une, mystérieuse, façon vampe en mission pour l’autre. Un jeune gosse pour faire humain et un « fixeur » pour faire couleur locale.
La tâche du jour n’est pas ordinaire et nous vaut des séquences qui se succèdent avec plus ou moins de brio, des situations que l’on ne peut imaginer que dans ces conditions où la folie des hommes atteint des sommets.
L’histoire est un peu prévisible, très linéaire et les sous-séquences (dialogues, événements incidents...) sont trop plaquées sur le cours du récit principal pour ne pas être ressenties comme un peu greffées, artificielles.
Un film pas tout à fait parfait mais qui mérite largement d’être vu un jour.