Film peu commun, Argentin, qui restitue une histoire « vraie », mais nous la propose dans une structure non linéaire ce qui en rend la confusion un peu plus dense que nécessaire.
Les acteurs sont d’autant plus remarquables qu’ils me sont inconnus. L’autorité cynique qui lie comme un garrot cette famille, ce clan, donne au film une vigueur accentuée encore par une image contrastée, très connotée par l’époque, celle du milieu des années 80.
La bande son achève de nous tenir sous tension et le montage fait preuve de virtuosité.
Des images d’archives liées à la dictature qui prend fin en 1983 donnent au film une tonalité « historique » qu’il n’a pas ; une promesse non tenue. Mais qui nous plonge dans cette époque d’une brutalité qu’on espérait engloutie avec la fin du IIIe Reich.
C’est en quelque sorte une dictature familiale qui nous est contée, avec ses violences, ses mensonges, son côté « bien comme il faut ». Assez adroit, même si cette histoire a véritablement eu lieu.
Il y a malheureusement quelques invraisemblances dans la narration, à la fin, qui font perdre un peu à cette biopsie ce qu’elle aurait pu avoir de salutaire pour comprendre le lien entre un régime politique et ceux qui, ensuite, perpétuent les perversions qui en ont été les fondements.