Titre désastreux pour un film documentaire passionnant. Pourquoi ne pas utiliser le titre français : L’Homme qui voulait détruire le secret bancaire.
Deux histoires nous sont expliquées simultanément : celle des mécanismes qui protègent de façon éhontée les malversations des grandes banques et celle d’un homme, un ex-employé de l’une de ces banques, qui entreprend une véritable croisade de Don qui shoot dans le système. Cela s’appelle un « lanceur d’alerte ».
Les explications de la mise en place de « fuites » (*leak...) et leur traitement est aussi un aspect tout à fait intéressant de ce film. Ces démonstrations, parfois très didactiques, sont limpides et effrayantes : les sommes dissimulées aux fiscs atteignent des sommets apocalyptiques. Leur réintégration dans le système de solidarité et de redistribution permettrait sans doute de résoudre la plupart des drames qui rongent nos sociétés (déficit public, sous-emploi, manque de développements alternatifs, enseignement et pauvreté...).
Le combat est titanesque, tant la justice suisse protège ses vaches à lait. Les modes de pressions, les persécutions de tous ordres s’accumulent des années durant sur ce personnage d’allure insignifiante qui ne renonce à rien et semble prêt à tout perdre. Par une espèce de conviction profonde que cela ne peut pas rester continuer durer. Oui, car ce film est belge ! Financé par la Fédération Wallonie Bruxelles, par la RTBF ! Voilà qui mérite un grand coup de chapeau.
Cela dit, le documentaire de David Leloup est de facture classique, sans grande surprise ni éblouissante originalité.
Ce style, nous dirons que c’est le sujet qui l’impose, et le respect dû à ce chevalier blanc qui le justifie.
Un film qui devrait être montré à tous. Car ne nous y trompons pas : cet argent noir vient de la drogue, de la prostitution, du trafic d’armes, des régimes qui pourrissent la planète et détruisent des vies partout dans le monde.