On n’est guère mouillé. Quatre personnes en une espèce de huis clos, celui d’une île sur laquelle des gens vont l’été pour s’ennuyer au soleil. Un couple d’abord : Tilda Swinton est stupéfiante en vedette de rock aphone, superbe, avec un passé qui ne doit pas être celui d’une employée de la poste ! Matthias Schoenaerts est excellent en photographe, son giton copulant sur commande. Sorte de David Hemmings, le photographe de Blow Up, façon numérique. Ils sont planqués sur cette île italienne, indifférents au drame des migrants qui s’y réfugient, histoire de donner au film un petit zeste d’actualité. Débarque l’ancien manager, mentor, amant de la chanteuse sans voix : Harry interprété de façon magistrale par Ralph Fiennes qui « rafle tout » tant il est exubérant, envahissant, prodigieux et puissant dans ce rôle du cocu consentant et repentant. Il débarque et s’impose avec sa « probable » fille, la vraie fille de Mélanie Griffith, Dakota Johnson, qui explose de sensualité, suintante de désirs, d’érotisme. Un vrai bonheur. Alors se nouent des rapports ambigus avec des moments de fêtes, des repas un peu lourds de regards scrutateurs et inquiets. Rien de tout cela ne vole très haut, c’est rythmé et brouillon, ça part dans tous les sens pour ne pas dire grand chose. Il y a quelques flashback lourdement explicatifs. Mais c’est moderne, joliment filmé, avec quelques demi surprises pour ceux qui ont fermé l’œil un moment pour surmonter leur ennui.
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