Le film conte, avec une violence sociale effrayante, les drames vécus en Floride lors de la crise des subprimes. Avec une cascade d’expulsions et de confiscations des maisons des familles soudain insolvables. C’est terrible.
D’autant que les deux protagonistes incarnent, de façon presque caricaturale, les ennemis irréconciliables : l’agent immobilier qui vire les habitants avec l’aide parfois indispensable de la police. Et l’une des victimes qui va se faire employer par son bourreau jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, moralement. C’est en quelque sorte une fable qui pourrait s’appeler « La seule valeur c’est l’argent ». L’intérêt du film vient de la démonstration, presque une leçon d’anatomie, du processus qui a fait tant de ravages.
C’est très dialogué, un peu bavard, ce qui nous vaut des échanges, des confrontations hautes en couleurs. L’explication de l’Amérique par l’agent immobilier vaut son pesant de Donald Trump. A force de répéter les mêmes scènes, les mêmes arguments, on se lasse un peu. Mais ça repart sur les chapeaux de roues dès l’expulsion suivante, à la nouvelle combine foireuse, à la confrontation terrible entre les braves gens et leurs bourreaux.
Si vous n’avez jamais vu l’expulsion d’une famille, les meubles sur le trottoir et le fils qui rentre de l’école pour découvrir tout cela, ne ratez pas ce film, il ne peut laisser indifférent. C’est un film anthropologique : il décrit l’animal qui jaillit de nos plus profondes entrailles.