On s’y noie. Cette mer d’arbres est somptueuse, semble infinie, destinée à accueillir, engloutir, les êtres au bout du chemin de leurs vies. Quelle étrange compagnie pour notre héros qui s’y égare, y erre, s’y confronte à lui-même et à un autre personnage zombiaque. C’est une forêt au Japon, proche du Mont Fuji, et les connaisseurs apprécieront cela en contemplant avec admiration la photographie très verte, avec des noirs profonds, très Fuji. Mais c’est long, répétitif. Une autre histoire, celle du héros avant son voyage japonais, s’entremêle en longs flashback appuyés. C’est
tellement lourd et plat que ce film de Gus Van Sant a été hué lors de sa présentation à Cannes. Alors que Éléphant et plus récemment Harvey Milk, parmi une riche filmographie, auraient dû lui épargner tant d’indignité. Mais le film déçoit, c’est vrai, comme si les auteurs, scénariste et réalisateur, avaient eu une panne sèche d’inspiration. Ce qui nous vaut un récit de vie de couple avec ses banalités et ses rebondissements sans âme, qui ennuie comme lorsqu’on est témoin, à travers un mur mal insonorisé, des scènes de ménage dans la maison d’à côté. Allez, c’était marée basse.