Quel film ! Voilà enfin un récit « biopic » bien enlevé, simple à suivre, avec ses suspens et ses émotions. Une belle galerie de personnages, un entremêlement culturel, social et thématique, riche, complexe et bien mené.
Ce film m’a donné l’impression d’une modernité rare, celle qui permet aujourd’hui de parler de sujets aussi sensibles que l’intégration, le développement de l’Afrique du Nord, les mœurs brutales du capitalisme mais aussi des traditions terriennes et agricoles, familiales, algériennes. Le tout sans aucune hiérarchisation des valeurs. L’emploi à Grenoble ou la récolte des olives, l’éducation en France d’une fillette semi arabe par son père ou d’une épouse d’origine française en plein bled, tous ces aspects du caléidoscope de notre époque s’entremêlent de façon enrichissante, fertilisante. Ce qui rend le film plus dense encore, c’est la succession des lieux : montagnes sous la neige, Alger, usine en France, extérieurs et appartement à Grenoble, oliveraies... Nous ne pouvons ignorer que tous ces aspects de la vie, entrelacés, tissent un tissu nouveau, celui où l’ambition, la dignité, la réussite et l’effort n’est plus l’apanage d’une race, d’une élite, d’une caste.
Il est possible de souhaiter bonne chance à tous, malgré les obstacles, malgré les différences qui sont les richesses d’aujourd’hui déjà, mais plus encore de demain. Ce n’est pas un film, c’est un métissage. Tissage d’une impressionnante richesse, d’une grande beauté.