Quel mauvais titre ; quel bon film. Il aurait dû se nommer The black list puisqu’il évoque cette période si pénible aux E.U. durant laquelle la phobie anticommuniste a causé tant de malheurs. Et des condamnations à mort. Ce film raconte, de façon détaillée, le parcours de Donald Trumbo, l’un de ces scénaristes de Hollywood blacklistés en effet, parmi d’autres, mais tellement talentueux qu’il s’en est sorti malgré les épreuves (prison, exil), celles subies par sa famille, et l’ostracisme de ce qui comptait de bien-pensant dans la production cinématographique d’alors.
Diane Lane interprète l’épouse de façon très subtile et cela ajoute beaucoup au récit parfois un peu trop caricatural. Mais l’époque voulait cela : des antagonismes dignes de gangsters, des répliques théâtrales, des comportements radicaux.
Helen Mirren interprète la célèbre chroniqueuse à potins Hedda Hopper d’une façon très amusante, et pas seulement pour ses bibis incomparables !
Bryan Cranston incarne le personnage central, brillamment, même si parfois je trouve son jeu excessif, trop construit. Mais peut-être voulait-on ainsi montrer un aspect de son caractère.
Quoiqu’il en soit, le film est très intéressant, bien rythmé, souvent amusant, avec des scènes de cinéma savoureuses, des documents d’époque (la télévision commence à supplanter la radio) et une réflexion sous-jacente sur la violence politique et économique que la guerre froide a permise aux E.U. même, qui se positionnent comme le lieu de la liberté.
Ce film témoigne généreusement de cette époque, de ses paradoxes, de ses souffrances, de sa grande créativité aussi.