Une réussite formidable. Bien entendu le film est « de genre » : prise d’otage en pleine ville, et quelle ville : New York, sur un plateau de télévision en direct. Sur base de ce schéma classique, la gestion d’un délinquant armé par les personnes surprises et par la police professionnelle, il y a le motif de cette prise d’otage qui est admirablement géré lui aussi dans le scénario. Ce que le cinéma américain fait de mieux : relancer à chaque séquence l’incertitude, la tension, le rapport de force entre les protagonistes. Ce qui nous vaut des scènes d’une rare inventivité, jouées toutes avec des acteurs absolument formidables qui incarnent parfaitement les personnages que rien ne prédisposait à assumer une telle situation de crise. Et ce qui m’a semblé admirable, c’est que plusieurs niveaux de récit s’entrecroisent avec une fluidité, une complexité et une clarté sans faille.
Il y a le niveau très « technologique » du plateau télé, il y a la gestion des communications avec l’extérieur, le tout grâce à une technologie hyper sophistiquée elle aussi, il y a les informations factuelles qui font avancer l’intrigue et qui nous amènent des retournements très spectaculaires, il y a un aspect très didactique sur la fluctuation hyper rapide des cours de bourse, les techniques numériques, les algorithmes, qui semblent avoir pris le pouvoir sur la volonté humaine grâce à d’obscures officines de génies informatiques issus de lieux improbables en Asie, puis par dessus ce mille feuilles superbement construit, une réflexion, certes élémentaire, donc un peu caricaturale, sur la gestion au niveau planétaire des fonds de placement que tout le monde aime lorsqu’ils génèrent un profit confortable, que tout le monde prend en haine lorsque les investisseurs redécouvrent que le capitalisme vit de l’appauvrissement de la majorité pour l’enrichissement d’une minorité.