Soyons de bon compte : le film est fort et se remarque pour trois qualités essentielles à mes yeux.
Il ne s’agit en rien de faire l’introspection d’un couple arrivé à un point de rupture, d’essayer de comprendre ce qui amène deux êtres qui se sont aimés, qui élèvent des filles jumelles, à se déchirer petit à petit. Si telle est l’attente du spectateur, elle ne pourra être que déçue, nous ne sommes pas dans ce registre.
Ce que nous sommes invités à partager, c’est la tension de plus en plus extrême entre deux personnes qui ont été manifestement proches et aimantes. Et cela est très réussi.
La première raison me semble être la construction en huis clos. Nous ne voyons que l’appartement et le jardinet qui le précède dans la courette. Cela contribue beaucoup à cette ambiance étouffante. Mais c’est très réussi, la caméra est fluide, les plans
correspondent toujours au regard sur le point fort des scènes qui se succèdent, le plus souvent avec d’intéressantes interventions sonores off. La répétition des mêmes angles de caméra (vers la cuisine, dans la salle de bain, etc.) contribue aussi à installer cette lourdeur répétitive, comme la routine de l’existence, qui s’imposent dans toute vie de famille.
La deuxième raison me semble être la qualité des dialogues. Voi-là un film essentiellement construit sur la confrontation de deux personnes et leurs échanges sont sans cesse renouvelés à tous les niveaux de l’expression : tendresse et agressivité, séduction et chantage, reproches et encouragements confiants, se succèdent et contribuent avec talent à créer cette nasse psychologique dont, petit-à-petit, il paraîtra évident qu’il est impossible de sortir.
Puis, troisième et superbe raison, Bérénice Béjo. Elle nous donne une prestation de très grande qualité. Elle fait « la gueule » durant