Si le cinéma rococo était à inventer, ce film pourrait en être un bon exemple. D’une volubile extravagance, présentant des situations totalement excessives, imaginées pour le seul plaisir de la mise en scène, dans des décors extérieurs d’une grande beauté, avec des cieux de bords de mer absolument superbes, tout cela crée une ambiance, un style, une sorte de carnaval social totalement échevelé.
Les acteurs rivalisent d’excès en tout genre, ils « schnoquent » en toute liberté sans pouvoir imposer une unité de style à ce film complétement déjanté.
Alors il y a les scènes un peu marrantes, un peu effrayantes, un peu fantasques, un peu rigolotes. Oui, les flics font de gros efforts pour nous amuser, oui, les accents font très couleur locale, oui, les femmes hystériques font sourire, et les hommes ravagés par leurs névroses distraient de loin en loin. Et tout cela est totalement dépourvu de sens et d’intérêt. Mais pas d’ambition, celle de faire du cinéma burlesque, version française. Ce n’est pas aussi simple à réussir. Et l’on regrette de ne pas succomber de rire car les moments qui ont cette ambition sont légion, mais n’aboutissent que médiocrement, un peu comme des pétards mouillés.