Et somme toute ce n’est pas une mauvaise chose si l’on pense à ceux qui ont tout fait pour qu’ils ne soient plus nulle part.
La sortie de ce film sur nos écrans m’a semblé curieusement très bâclée, mal programmée, médiocre. Et à la vision du film, l’on comprend pourquoi : c’est le scénario qui est bâclé, un capharnaüm de séquences emboitées sans grande cohérence, sauf celle de vouloir démonter tous les préjugés qui sont le terreau de l’antisémitisme ordinaire. Il y a donc les « inévitables » : la mère juive ou la psychanalyse par exemple. Le récit biblique tiré en longueur et par les papillotes, avec le Mossad comme prétexte et Israël comme toile de fond. Une séquence amusante aussi qui prend prétexte des roux, des blondes, pour démontrer que les préjugés disent plus des gens qui les éprouvent que de ceux qui en sont la cible. Hélas, il faut encore se taper François Damiens en crétin de service, ce rôle qui lui colle si bien à la peau.
Mais il y a deux morceaux de roi : la découverte de l’ascendance juive de Poelvoorde en animal politique d’extrême droite ; hilarant malgré les excès caricaturaux. Et un dialogue entre deux Rabbins, partant de la question de savoir qui des deux ramoneurs va se laver, celui qui sort sale ou celui qui sort propre de la cheminée qu’ils ont, ensemble, nettoyée. C’est absolument sublime de drôlerie et mérite que tout le monde aille voir ce film qui, par ailleurs, remet bien souvent les choses en perspective. De façon souvent subtile, drôle, sensible, mais par trop désordonnées, brouillonnes. Un culot cinématographique, un réel chutzpah, mais aussi une confusion de construction qui fait obstacle au simple plaisir du spectateur.
Et une nouvelle fois, que vient faire le tax shelter belge dans cette production ? Certes la présence de deux acteurs vedettes qui n’ont de belges que leurs vertus fiscales. Mais soit, faut-il déplorer une fois encore que le tax shelter soit partout et pas seulement là où le talent belge est à soutenir ?