C’est un film très maniéré qui suit l’arrivée, à Los Angeles, d’une oie blanche très belle et sur laquelle le milieu du mannequinat va jeter son dévolu. Il y a donc plusieurs niveaux de lecture. Les
« paraboles » un peu clichées : le félin dans la chambrette de la débutante (elle va se faire dévorer) l’image de début qui la montre égorgée (son destin redoutable), une autre où elle se fait couvrir d’or (l’ambition et la convoitise).
Puis il y a la jungle des jalouses, des rivales. Il y a aussi un récit de l’éveil à la sensualité. Je n’ose écrire « à l’amour » tant cette hypothèse est hors sujet. Ici c’est la jouissance des corps qui est évoquée, de façon directe ou fantasmatique.
Tout cela nous vaut de belles images, mais sans âme, des situations dont on ne sait si elles sont rêvées ou réelles, des tensions, un soupçon de violence pour secouer le spectateur comme dans une sorte de palais des horreurs d’un champ de foire de grand luxe. C’est tarabiscoté, prétentieux, cliché, totalement dépourvu d’intérêt. Un film à côté de son sujet. Mais très « léché » comme l’on dit dans ce milieu fait d’artifices, mais sans feux.
Ce danois est célèbre pour Drive et Pusher, il est adulé par des admirateurs de son esthétique et de ses audaces : nécrophilie, sadomasochisme et autres activités qui génèrent une image et un style de mise en scène hyper sophistiqués, mais aussi un ennui de salle d’attente.