Quel ratage. Voilà un film réunissant tous les talents nécessaires, au premier rang desquels Isabelle Huppert, des décors somptueux, une lumière très travaillée, des ambiances glauquissimes, quelques bonnes idées de scénario (la tragédie initiale dans la vie de Huppert e.a.) des caractères étonnants, dont l’un, magnifique, par Judith Magre, la mère de Huppert, l’idée très moderne d’une société de jeux vidéo, une ambiance de liberté sexuelle à la limite de l’échangisme, bref, les éléments sont là, et Virginie Efira en dame d’œuvre hyper catho est très amusante.
Mais voilà, la sauce ne prend pas. Les scènes se succèdent avec plus ou moins de réussite, avec plus ou moins le plaisir de choquer sous la ceinture, avec plus ou moins de rythme et de violence, de
multiples digressions qui ne contribuent pas à faire évoluer l’histoire ni épaissir l’ambiance perverse, hystérique, malsaine que le réalisateur s’efforce, tant bien que mal, de mettre en place.
On baîlle, on s’amuse de certains moments, on joue les mijaurées, on est dégoûté par des images d’une platitude d’adolescents bran-leurs, et tout cela se donne des genres de grands films où Hit-chcock se penche vers Chabrol ou Buñuel.
Mais le résultat est lourd, sans idées réellement fortes, juste le plaisir de chercher à épater le bourgeois, en écoutant une musique absolument catastrophique. Bref ce n’est pas Elle du plaisir.