Ce pléonasme est de mauvais augure et en effet le film semble avoir été fait dans l’urgence, sans que le scénario, très tarabisco-té, ne soit travaillé, affiné, maîtrisé.
L’histoire pourrait être simple et linéaire, celle d’une femme jeune et arriviste, talentueuse, qui « en veut » et semble aspirée, grâce à son talent et son charisme, dans la hiérarchie d’une société de fusion/acquisition caricaturale. Autour de ce personnage central, une collection de personnages interprétés par des grands talents, mais qui s’esquintent à défendre des rôles mal écrits.
Ce qui est très dommage, car il y a des moments très savoureux, des situations et des renversements de situations qui amusent ou intriguent. Mais rien n’est traité de façon approfondie, la crédibilité des liens entre les personnes et les générations est très ténue, fragile et vite lassante. Ce qui me semble être le défaut essentiel est que les événements successifs ne sont que de la volonté du réalisateur-scénariste et ne sont pas, ou tellement peu, nourris par les personnages eux-mêmes, par leur passé, par leurs caractères.
Bref, un magasin de seconde main dans lequel on farfouille lentement, pour plus tard. Le film est un film de cadreur, de décorateur, de directeur de la photo, tous un peu perdus, faute d’une histoire forte et bien charpentée. Une fois encore, l’argent du tax shelter a été utilisé sans que la moindre image ne fasse rejaillir sur notre cinématographie le plus petit intérêt, la moindre curiosité. Le bon usage du tax shelter, c’est Plus tard, peut-être.