Un bijou. Comme seuls les anglais savent les proposer. Sauf que le réalisateur est américain et les décors tournés en Irlande...
Mais avec une actrice - Kate Beckinsale - so british comme tout le casting éblouissant d’acteurs excellents. Ils parlent sans arrêt, mais ils le font avec un tel talent que l’on se sent plus anglophile encore en sortant de ce merveilleux récit de mœurs qui se déroule à la fin du XVIIIe siècle. Accrochez-vous dès la présentation des personnages, ils sont nombreux et les confondre amoindrirait le plaisir à les suivre.
C’est un jeu de société dont les personnages sont les pions. Mais tous très nuancés. Et rien ne se passe que des échanges de répliques très travaillées, avec tout de même un geste, et un seul, de contact entre les corps : la main d’une dame sur le bras d’un homme pour y constater fugitivement que le vêtement est mouillé.
Pour le reste, nous allons de salons en jardins, de châteaux en faubourgs londoniens, dans des décors étourdissants de beauté, filmés de la façon la plus classique, avec d’amples mouvements de caméra, des angles qui magnifient chaque lieu, qui nous montrent les personnages sous leurs meilleurs jours. Habillés et chapeautés de façon somptueuse. Et transportés sur des chevaux, dans des berlines de toute beauté.
Un film d’une délicatesse de porcelaine, malgré le machiavélisme de certains des protagonistes. Alors le rapprochement avec Les liaisons dangereuses vient à l’esprit, et il y a quelque chose de vrai dans cette analogie. Le raffinement, l’élégance, la retenue dans l’expression des sentiments et des émotions. Quelque chose de tellement fin, subtil, que d’y assister rend simplement heureux.
La musique, très soignée, ajoute au bonheur de suivre cette histoire, même lorsqu’elle se fait un peu longue, ici ou là.