La biographie de ce réalisateur semble indiquer qu’il est un vrai baroudeur du cinéma, ayant maîtrisé tous les genres, plutôt qu’excellé dans un style personnel.
Le voici aux commandes d’un biopic ambitieux, le récit inspiré par l’un des plus grand champion de l’histoire du sport (un record invaincu pendant 25 ans) et de l’Olympisme.
Courez voir ce film pour l’intérêt historique dont il témoigne, pour l’ampleur des reconstitutions, et pour les sujets qu’il invite à méditer.
Le premier est évidemment le jeu de mot du titre : La course, la race. Traduit maladroitement par le titre en français : La couleur de la victoire.
Un athlète noir, américain, qui, en 1936, va gagner 4 médailles d’or à Berlin sous le nez de Hitler, ce n’est pas ordinaire.
Jesse Owens est cet athlète dont le film présente le destin qui, une fois encore, n’a d’intérêt, pour un film, que par les personnages qu’il croise et le côté spectaculaire de son activité qui se déroule dans un contexte historique exceptionnel.
Le sport, la course à pied sur une très courte distance (100 & 200 mètres) le saut en longueur, c’est certes très cinématographique. Mais dans le stade Olympique de Berlin en 1936 devant 100.000 personnes, cela prend une autre allure. Et en prime, le relais 4X100 m.
Faire des rencontres aussi complexes que celles avec Leni Rie-fensthal, Goebels, les patrons du sport américain, à une époque où la ségrégation était la norme, cela n’est pas ordinaire.
Et c’est restitué, dans ce film, avec beaucoup de nuances. L’histoire avec et sans majuscule vous tient en haleine durant deux heures, ce qui permet d’aborder de nombreuses questions graves, mais sans lourdeurs.
Le film est très dynamique, proposant toute la palette habituelle d’un scénario très étoffé : la famille, le face-à-face entre des personnalités aux formats et aux égos surdimensionnés, les incertitudes du sport et de la politique, les grands élans idéalistes et la vie difficile confrontée aux compromis d’une importance historique.
Alors oui, parfois, le désir d’aborder toutes ces questions, de les imbriquer au forceps dans la structure du film, rend parfois celle-ci trop peu maitrisée, mais quand les intentions sont bonnes, il faut pouvoir surmonter ces quelques aspérités.