Ce réalisateur est médecin, chirurgien. Et c’est la raison pour laquelle, sans doute, tous ces aspects dans le film sont admirablement rendus et compréhensibles.
Le film repose tout entier sur les épaules de Pénélope Cruz qui est sublime, elle m’a paru être la quintessence de ce qu’une actrice de talent peut créer comme personnage « ordinaire » et en faire un personnage extraordinaire.
Je ne dirai rien de l’histoire car je vous souhaite d’aller la découvrir, comme moi, en ignorant tout de ce qui va se passer. C’est un scénario d’une délicatesse, d’une subtilité rare, avec de l’humour malgré le sujet « lourd ». L’évolution de toutes les histoires qui s’entrecroisent, crée une densité émotionnelle majeure à ce film qui va rester, je le souhaite, une référence pour le sujet principal qu’il traite.
Alors citons un des sujets annexes, celui du football ; voir quelques images de ce gosse, doué pour le ballon rond, est simplement un régal (*Le régal de Madrid bien entendu, puisque le film est espagnol).
Il faut attirer le regard sur un style d’écriture singulier dans le montage. Il y a, d’une part, une espèce de fractionnement de certaines actions qui leur donne une émotion, une singularité, très particulières. Puis il a y des séquences qui semblent écrites uniquement pour évoquer la subjectivité, le rêve, l’imaginaire ou le phantasme des protagonistes. Généralement, elles se fondent très bien les unes dans les autres.
L’image du film est très travaillée et cela contribue de façon significative à partager l’évolution des états d’esprit, des ambiances qui se succèdent dans le récit.
L’autre rôle, tenu par Luis Tosar, est très captivant aussi, avec des traits de personnalité admirablement rendus, tout en subtilité.
Vous le constaterez, c’est aussi un film militant pour une cause qui touche tout le monde. Et ce propos complexe est remarquablement mené, illustré, ressenti dans le cours de l’histoire que nous découvrons avec une immense émotion et un plaisir rare.