Au vu de l’affiche, un chien et un homme qui tirent la tête, personne n’a envie d’aller voir ce film alors qu’il est remarquable, en tous points.
L’histoire, une fois encore, est « lourde » et je n’en dirai rien, car la découverte progressive du récit fait partie du plaisir. Une très belle découverte scénaristique d’abord, avec une construction de scènes égrainées avec une immense délicatesse, celle des timides très sensibles, une évolution de l’histoire, en 4 jours, qui est d’une densité exceptionnelle.
Il faut dire que les deux acteurs qui portent ce film sont magistraux. Tout semble filmé en plans serrés pour ne rien perdre des regards, des haussements de sourcil, des mouvements à peine
perceptibles du visage. Et c’est d’autant plus réussi que les sujets abordés sont d’une incroyable force.
L’intimité des décors, le charme des lieux, la sincérité complexe des attitudes des uns et des autres, donnent à ce récit une force et une émotion qui vont croissantes, et qui tiennent le spectateur en haleine, du début à la fin. Et sur le thème central, colonne vertébrale du film, viennent se greffer mille petites choses finement montrées, des situations souvent souriantes et surtout une pléiade d’actrices et d’acteurs tous justes, excellents et magnifiquement dirigés.
A ne pas manquer, car ce genre de film occupe longtemps l’esprit, par ses qualités et par son sujet.