Ce film est trop lent, trop long, trop répétitif. Mais il fascine. Un père perdu (psychologiquement) et une fille introuvable (humainement) cherchent à renouer de façon absolument invraisemblable, drôle souvent, émouvante parfois, désespérée à certains moments.
C’est ce qui fait le charme du film : la juxtaposition de moments complétement déjantés qui s’élaborent autour du même thème : que sommes nous devenus l’un pour l’autre ? Le spectateur, un peu voyeur, attend dans le noir de la salle ce qui va advenir pour ces deux êtres en souffrance mais qui ne maîtrisent rien de ce qui va
se passer. Les personnages annexes sont souvent amusants, il y a des scènes insensées et vous ne mangerez plus jamais de petits gâteaux avec le même détachement, ni ne vous rendrez à une pendaison de crémaillère avec désinvolture. Un film attachant qui est au cinéma ce que la choucroute est à la gastronomie.
La réalisatrice, sans doute, a-t-elle un sens très particulier du féminisme qui l’a poussée à décrire une femme (admirablement interprétée) complètement réifiée par le métier qu’elle fait. L’observation de ce processus ajoute beaucoup à l’intérêt du film.