Un film d’animation, pour grands et petits, qui est d’une délicieuse délicatesse. Par le dessin (ligne claire) et l’ambiance des images, crées à la façon des estampes japonaises. De très subtiles cou-leurs, des compositions de cadre très élégantes, un usage astucieux de la lumière et des ombres... La bande sonore est aussi élégante que discrète et elle relève un défi rare : une absence totale de dialogue. Nous voilà dans un univers narratif très référencé : Robinson, la survie sur une île, le rapport à la nature, la mort et la lutte pour la survie, le miracle du couple, la naissance d’un enfant, son départ. Tout cela est parfaitement lisible et le récit chemine sans grandes surprises, sans réelles tensions. Tout est doux, tout est mou. Ce qui m’a personnellement plu est justement la douceur
de cet univers malgré les épreuves, sorte de conte des origines qui donne de l’aventure humaine une image non guerrière, non conflictuelle, mais relativement optimiste malgré les épreuves à surmonter. C’est un peu simpliste, mais très charmant. A souligner, la part « belge » soutenue bien à propos par le tax shelter au bénéfice des studios Belvision. Ce qui démontre que nos talents ici ne souffrent ni de la comparaison avec les studios japonais, ni avec les studios anglais d’animation. Cette production étant faite dans le respect du droit d’auteur, a permis sans doute au film d’exprimer de façon aussi cohérente un univers singulier qui le distingue des longs métrages d’animation façon USA.