C’est beau, lent, très visuel. Une histoire de bobos chez les culs terreux. Façon causses désertiques. Le personnage central, dont le spectateur est invité à suivre l’errance, est un cinéaste en mal d’inspiration.
Il est fasciné par la nature aride qu’il découvre, par la menace invisible des loups, sorte de danger immanent. Il y a aussi une place importante réservée au désir sexuel. Et cela vis-à-vis de personnes rarement évoquées sous cet aspect ! Pour des motifs sans doute consubstantiels à la rusticité des lieux et de leurs rares habitants. Il y a quelque chose de passolinien dans cette ambiance qui devient de plus en plus glauque. Le récit est prétentieux, tarabiscoté, d’une lenteur contemplative qui fait très intello narcissique. A cela s’ajoute un plaisir potache à exhiber des sexes avec une précision gynécologique. Même un agnelage - pardon, un accouchement - nous est montré en gros plan du point de vue de la sage-femme. C’est montré avec une avidité où le voyeurisme le dispute à la provocation. Ensuite la sodomie d’un vieux mourant ajoute à cette délectation immature qui consiste à montrer l’in-montrable. Et je laisse à LA LIBRE (journal belge « bien pensant ») la paternité de cette définition du film : Une daube de compétition. Compétition qui est au cinéma ce que le paralympique est au sport. Sans le mérite : un cinéma qui se vautre, sans inspiration.