Un film fantastiquement réussi grâce à ses acteurs, à la singulari-té du propos, à sa construction scénaristique. Le film commence comme une production de Jacques Perrin, façon Les Saisons.
Nous sommes en pleine nature et découvrons une famille, deux parents et six enfants. C’est l’histoire de cette famille qui nous est racontée. Et cette histoire n’est pas ordinaire : la famille vit de façon autarcique mais ne néglige en rien l’éducation des enfants. Ils deviennent des singes savants non sociabilisés, sorte de Robinson Crusoé destiné à l’autosuffisance.
Cette description est très subtilement faite et les acteurs enfants sont tous très convaincants même si le scénario est pauvre en attitudes discordantes dans la famille, alors que l’empire, le poids paternel, est absolument étouffant. Une sorte de dictateur pour sa nichée. Des circonstances dramatiques vont amener cet homme, et avec lui ses enfants, à se rapprocher de la civilisation commune. Le voyage est bien montré qui passe de la nature à la grande ville. Des situations parfois cocasses, parfois émouvantes, toujours singulières, émaillent ce voyage, sorte de retour vers la société « normale ».
Beaucoup de croquis, de regards sont justes, sont bien rendus. Et nous valent quelques scènes d’anthologie.
Ce qui, à mes yeux, rend le film peu crédible c’est l’invraisemblance totale de cette famille nucléaire et de ce qui lui arrive.
Alors considérons ce récit comme allégorique malgré son fort ancrage réaliste. Et réjouissons-nous des idées - trop simplistes
\- qu’il charrie, des situations burlesques, extravagantes, qu’il développe un peu comme un romancier qui serait entre SF et drame psychologique, entre pédagogie réaliste et contraintes sociales de tous ordres.
Un étrange mélange, fort, même s’il laisse l’impression d’avoir participé à une sorte de démence douce et représentative d’elle seule.