Ce film singulier nous raconte la recherche des souvenirs familiaux et historiques d’un événement sans exemple, celui de la fin tragique d’un Président élu, qui sera poussé à la mort par une des pires dictatures du XXe siècle, entrainant sa famille dans un traumatisme terrible dont nous découvrons petit à petit la complexité et les souffrances.
La grand mère, épouse au terme de sa vie, deux de ses filles, les petits enfants ayant essentiellement connu l’exil, tous essayent par petites touches, par des conversations, en fouillant leurs souvenirs, en revisitant des lieux, devant des tas de photos en désordre, en visionnant des bouts de films et d’archives très chargés d’émotion, de faire leur anamnèse familiale.
C’est très touchant, il y a des larmes qui coulent, c’est un peu exhibitionniste et d’une densité assez inégale. Mais Allende fascine,
en savoir plus pour mieux comprendre, même avec un demi-siècle de recul, est une opportunité exceptionnelle pour celles et ceux qui se souviennent de ce drame, pour celles et ceux qui en ont subi longuement les souffrances, pour celles et ceux qui tout simplement veulent essayer de connaître l’un des chapitres les plus douloureux de notre histoire contemporaine, celle où l’espoir d’un continent a été bombardé. Et la famille au centre de ce drame essaye d’en rendre courageusement l’intimité, la richesse et la complexité au niveau de leur quotidien.
Comme dans tant de familles sans doute, l’aboutissement de ce travail est concrétisé par des albums de photos enfin assemblées et légendées qui seront le support de la mémoire collective, l’instrument d’une tentative de compréhension approfondie d’un destin commun qui s’apparente plus à un typhon qu’à une existence paisible et ordinaire.