Pas mal ; de pierres semi-précieuses. L’histoire se déroule dans le sud de la France dans les années 50/60 et nous conte la vie d’une jeune femme dont l’esprit semble légèrement ébranlé. On ne saura pas trop pourquoi... Mais la voilà exposée à des comportements excessifs, incompréhensibles pour son entourage. Marion Cotil-lard est de tous les plans et nous donne un récital de ce qu’une excellente actrice est capable de faire. Sauf peut-être prendre de l’âge ; elle semble éternellement belle. Il faut se laisser aller à ce récit digne d’un roman de la collection Arlequin, où tout est dégoulinant de sentimentalisme, de mystères, des émois d’une jeune fille adolescente qui fantasme. La faiblesse du film tient à sa structure : commençant par la quasi fin, tout le déroulé ensuite de l’histoire nous amène, comme une démonstration, à une forme de réalité somme toute assez prévisible et quelconque.
Tout est beau, les acteurs d’un excellent casting dont émerge Louis Garrel, exceptionnel, les costumes, les décors intérieurs et extérieurs, la bande sonore et musicale, l’image éclairée par Chris-tophe Beaucarne qui est sans doute l’otage tax shelter qui une nouvelle fois ne sert en rien le cinéma belge, sauf à faire travailler à l’étranger ses meilleurs talents (Cf. Noirhomme ci-dessus). Pas même un producteur prétexte ne figure au générique, alors que le film a aussi la nationalité belge ; on rêve ! Cette femme, campée par Cotillard, m’a rappelé Camille Claudel par sa fragilité aliénante. C’est un film qui se regarde avec volupté dans le canapé du samedi soir devant une bonne télévision ; à ne pas manquer. Et vous apprendrez sans doute, comme moi, qu’avoir des lithiases, des colites néphrétiques se dit aussi « avoir le mal de pierre ».