Quelle belle découverte. Un tel titre n’évoquant rien, le réalisateur m’étant inconnu, l’absence d’acteurs notoires (j’ignorais l’extraordinaire Sonia Braga), la provenance sud-américaine, tout cela ne faisait pas de ce film une priorité. Erreur !
Il est exceptionnel. Tourné à Récif, ville côtière du Brésil, le titre est éponyme d’un immeuble un peu désuet et charmant que des promoteurs veulent transformer en immeuble de luxe. Et tel David, la femme dont le film est le portrait, résiste. Rien d’extraordinaire, une succession de petites choses que la vie amène, en 3 chapitres qui accentuent simplement la durée du récit, donc sa richesse, sa diversité. Lorsque l’on repense au film, le raconter prendrait sans doute plus de temps que de le voir, tant les séquences suscitent l’imagination, l’envie de les expliquer, de se réjouir des moments d’humour, de s’attendrir des moments sensibles, de s’indigner de l’audace cynique des antagonistes sans scrupules.
Les personnages sont tous d’une humanité magnifique qui n’est ni celle des acteurs américains ou français, ni celle qu’un documentaire capterait. Ici tout est écrit, montré avec délicatesse, parfois avec une certaine lenteur indolente. Mais avec tant d’acuité et tant de finesse que le film semble d’une rare richesse humaine.
Et cela fait un bien merveilleux de porter le regard vers des écrans originaux, des récits non formatés, une humanité qui nous est rarement montrée. Ce film brésilien mériterait une coupe du monde.