Film exigeant. Le spectateur suit l’évolution d’un couple confronté à plusieurs dérèglements de leur univers : déménagement forcé suite au fissurage très symbolique de leur immeuble, répétition d’un spectacle tout aussi symbolique (*Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller dont le titre anglais est : Death of a salesmen, The salesmen étant le titre anglais de ce film ; information importante que ne rend pas le titre français : Le client...), et une agression physique mystérieuse. Le tout dans un Iran intellectuel, « ordinaire » pourrait-on dire au regard des clichés véhiculés par l’actualité transformatrice des nuances en idées reçues. Nous voilà donc dans une dynamique sociale et intérieure au couple que le spectateur est amené à suivre, découvrir avec patience et un sens de l’observation qui, déjà, nous avait fasciné dans La séparation le film du même auteur qui avait connu un réel succès grâce à
ses qualités singulières. Dans ce film-ci, il n’y a rien de spectaculaire non plus, tout se passe de façon progressive, forte, comme la poussée d’une inondation qui envahit tout et amène les protagonistes aux confins de leurs consciences. Ce qui ne manque pas de surprises et interroge profondément chacun sur sa propre perception des faits évoqués ; qu’aurions-nous fait nous, en semblables circonstances ? Une dimension importante du film est la profession du mari : professeur d’adolescents auxquels il essaye de proposer une vision du monde. L’univers théâtral m’a semblé très confusément intégré au récit du film. Ce sont plus des scènes de maquillage, de transformation de l’apparence, qui, à mes yeux, retiennent l’attention. Et il faut en manifester sans faiblir pour suivre ce film complexe, lointain culturellement et si sensible malgré tout.