Voilà un film qui allie admirablement ce qui rend un beau spectacle de cinéma séduisant et agréable. Le couple romantique parfait ; il n’y a pas plus talentueux en magasin, Brad Pitt est d’une séduction, d’une virilité, à faire craquer n’importe quelle dame. Marion Cotillard est d’une beauté et d’une richesse, d’une variété dans son jeu, qui la hisse au sommet de l’art et du talent. L’histoire est exotique. Casablanca pendant l’occupation allemande, c’est pas Play it again Sam mais le dépaysement est spectaculairement montré : décors, costumes, couleurs locales... Puis Londres sous le blitz.
Et un petit coup de résistance en Normandie, pendant une courte nuit. Les aéroports de la RAF, des immeubles en flamme, tout cela est très dépaysant et rappelle que le réalisateur est un des très grands maîtres en ces matières. Les intrigues s’entremêlent avec bonheur. Celle de l’amour, celle plus policière, celle de la guerre et de la lutte contre les allemands, celle de l’espionnage, façon Black et Mortimer. Car il y a un côté bande dessinée dans tout cela : des
avions, des tanks, des jeeps, des voitures des années 40, on tire dans tous les sens, mais seuls les mauvais succombent au premier coup de feu. Tintin a montré comment faire. Les héros survivent et Sous cette pluie de fer/De feu d’acier, de sang ils font une charmante petite fille qui est plus ou moins adroitement intégrée à leur vie.
Bref, un dépaysement de grande qualité, une histoire parfaitement scénarisée et filmée avec un professionnalisme qui épate à chaque fois de la part d’un des plus prestigieux réalisateur U.S. Deux scènes de répertoire : lorsque les héros cèdent à leurs désirs pour la première fois, dans une voiture au milieu d’une tempête de sable. Admirez le travail du cadre. Et l’accouchement en plein air, sous les bombardements. Il y a de nombreux autres moments à savourer, ceux en particulier en lien avec l’utilisation de la ponctualité comme ressort dramatique, comme suspens intermédiaire dans plusieurs séquences. Du travail d’horlogerie.