Restez sur le quai. Ce film est remarquablement interprété par une poignée d’actrices et d’acteurs, tous excellents. Ce qui n’étonne pas sous la direction d’un réalisateur qui a été longtemps acteur lui-même. Nous baignons dans une ambiance très psy. Psychanalyse, psychodrame, psychologie perturbée. Le tout dans un mécanisme de poupées russes : la fille dans le train voit la fille sur sa terrasse qui a une fille baby-sitter, la deuxième ayant un compagnon, le père, la troisième aussi un compagnon. Et tout cela s’emmêle douloureusement autour de la thématique de l’amour, de la jalousie, de la maternité et de la stérilité. Il y en a pour tous les goûts.
L’intrigue tient en haleine, même si les sujets abordés sont un peu
« lourds » et des scènes inattendues scandent le récit très « introspection » pour classe moyenne new-yorkaise.
Ce que je ressens personnellement comme très artificiel, c’est que l’intrigue, quasi policière, ne fonctionne que par la structuration non chronologique des séquences entrelacées de façon arbitraire. D’ailleurs les indications chronologiques données à chaque début de sous-histoire échappent au spectateur qui ne peut se souvenir que l’ordre à rétablir, la chronologie, c’est 12345. Le film étant bien entendu monté 5 + 2 + 3 + 1 + 4
Mais ce joyeux désordre n’empêche pas de comprendre, même si le procédé est très artificiel, rendu nécessaire pour « faire mousser » l’histoire. L’ambiance visuelle, la photographie « plombée », les mouvements de caméra, contribuent à diversifier les protagonistes. Seule la musique « de circonstance » baigne le tout dans une ambiance tendue et soulignée de façon un peu vue et entendue déjà. A voir au chaud, à la maison, si le train n’est pas tombé en panne.