Ce n’est pas un coup dans l’eau. Voir un film à suspense (dont on connaît la fin) et à grand spectacle (dont on a vu les images
«réelles » en janvier 2009) ce n’est pas a priori le meilleur plan. Mais l’habileté de la réalisation et la qualité de tous les acteurs rendent le spectacle amusant, interpellant aussi parce qu’il y a une sérieuse surprise : Tout le monde ne trouve pas que ce pilote est un héros, qui a fait amerrir son avion sur l’Hudson. Et nous allons vivre les faits, les antagonismes, l’enquête, le lien téléphonique (un peu mièvre) avec l’épouse, et surtout la complexité du monde aéronautique, de façon très amusante et intéressante. Il y a une capacité à créer la tension, l’émotion et le spectaculaire qui n’est que du cinéma américain. Un Airbus qui amerrit sur la rivière Hudson, cela ne se fait pas avec des bricoleurs. Même si certaines « transparences » (les images incrustées) certains mo-
del shots sont un peu trop évidents. Dans un avion, chacun sait qu’il n’y a qu’un seul travelling possible. L’axe entre les sièges est bien employé, les relations avec certains passagers sont bien construites ; l’invalide, le père et le fils, la maman du bébé... Comme l’action réelle dure 260 secondes, dont 35 de sidération, il a bien fallu que le scénariste se gratte un peu la tête. Avec un certain talent, même si l’histoire zigzague un peu dans le temps, et entre cauchemars et réalités. Les flashback et les images mentales sont appelées en renfort pour structurer le scénario. C’est, somme toute, une ode aux héros ordinaires, hôtesses de l’air, plongeurs de la police, marins anonymes, ambulanciers et volontaires de la Croix Rouge, tous ces gens qui s’empressent dans les drames collectifs, sans penser à eux, mais animés d’un idéal de générosité désintéressée. Un vrai conte de noël.