Paterson est le nom d’une personne qui vit, dans la ville de Pa-terson, une existence bien réglée, qu’il partage avec une jeune femme délicieuse et fantaisiste, lui qui est régulier comme une horloge. Et un abject chien leur sert de compagnie ; il est aussi bon acteur que ses maîtres. La structure linéaire du film (je n’ose écrire de l’histoire car il n’y en a pas) est cadencée par les jours d’une semaine que nous partageons avec patience.
Les scènes sont filmées avec élégance, les acteurs sont tous bons, les circonstances variées qui émaillent les journées sont toutes dues à la seule volonté des scénaristes, car rien ne semble venir des protagonistes qui mènent une vie de coucou suisse.
Ce film est, pour moi, le prototype de la supercherie. On crie au miracle, au chef d’œuvre comme pour un Antonioni, un Wim Wen-ders, d’autres qui sont portés aux nues, mais qui me donnent l’impression d’être un crétin des Abruses.
Ce film est intéressant, intimiste, la démarche de création est limpide et pleine de qualité (les cadres, la musique, des petites choses comme le refus du téléphone portable...) tout est réuni pour que l’on soit surpris. Mais la surprise, à mes yeux, c’est que la sauce ne prend pas, la recette ne débouche pas sur le festin espé-ré. Bref, le genre de film clivant qu’il faut aller voir pour en discuter ensuite, avec véhémence.