Épreuve réussie avec mention. Bien entendu ce n’est pas du cinéma marrant, comme ne l’était pas du même auteur la Palme d’Or de Canne de 2007 : 4 mois, 3 semaines, 2 jours ni Au delà des collines. Mais quelle puissance d’évocation. Ici c’est celle de la Roumanie revenue de ses espoirs et de ses rêves. La vie banale d’une famille en Transylvanie, lui est médecin, son épouse bibliothécaire et leur fille doit réussir avec excellence son baccalauréat pour pouvoir s’évader à l’université, en Angleterre. Et de cette tranche de vie un peu « ordinaire » vont naître des « sous histoires » nombreuses, souvent inabouties, parallèles ou complémentaires, des relations montrées à leur degré zéro de fictionalisation. On parle beaucoup, on essaye de débrancher les conflits naissants, de compenser les vieilles frustrations, les protagonistes sont écartelés entre leurs valeurs, leurs idéaux et le pragmatisme du quotidien de leurs petites vies. Les scènes s’enchaînent comme le temps qui égrène ces existences sans relief. Et cela fascine, le spectateur est retenu par chaque moment, chaque mise en place des scènes de dialogue. Souvent des plans fixes, longs, cadrés en buste, les acteurs en place, leurs regards se cherchant et se fuyant en même temps. Personne n’est beau, personne ne vit dans un bel endroit, la lumière est toujours grise, les lieux tristes, les vêtements ternes, les chairs flasques. C’est un film coproduit par les Frères Dardenne qui ressemble beaucoup à leurs œuvres. A voir donc, mais pas un jour de cafard ou de drague.
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