Un film très exigeant, à voir. Pour trois raisons : le sujet est la révolution égyptienne montrée au niveau des gens, le mode narratif est absolument stupéfiant d’originalité et le principe du film tourné en huis clos qui est très réussi, un coup de maître : Tout se passe dans un fourgon cellulaire surpeuplé écrasé de soleil et immergé dans une ville déchainée. Le film israélien Lebanon avait déjà réussi un tel défi dans un char d’assaut. Mais avec moins de monde à bord...
C’est un film criard, échevelé, filmé comme un reportage (et techniquement superbement réussi, parce que préparé, répété et travaillé des mois durant !) qui agace tellement les conflits sont
nombreux qui jaillissent à chaque répliques entre des protagonistes qui ne peuvent pas s’entendre, mais qui hurlent à chaque phrase. Et le spectateur effaré, petit à petit, suit les petites et grandes aventures qui occupent tous ces gens entassés. La vue vers la ville ne se fait qu’à travers les barreaux/bourreaux, mais l’on comprend tout. C’est montré de façon aussi subtile que claire, mais l’ambiguïté de ces moments de révolution reste profondément perceptible. A la fin, les rayons verts annoncent symboliquement la peste islamiste qui reprend le pouvoir. Ce film est d’un rare intérêt, même s’il ne donne pas aux spectateurs ce confort bien heureux d’un moment agréable et bienfaisant.