Le film est de grande qualité mais assez noir. Il nous fait suivre la vie du personnage central sur trois périodes et c’est franchement no future. C’est d’ailleurs un des aspects intéressants du film, la réflexion que le spectateur ne manque pas de se faire sur l’enferme-ment invisible des destins des noirs américains, sans formation, et confrontés aux violences quotidiennes de la rue, des familles même. A pleurer.
Le film est vigoureux, tourné généralement caméra à l’épaule, avec des focales courtes mais proches des personnages, si bien
que les décors sont peu utilisés comme spectacle, mais plutôt comme ambiance, comme le sont la lumière et la musique. Nous sommes à Miami, côté back street.
Ce qui sous-tend la narration, c’est l’incertitude de la cause du malaise, du mal de vivre, du héros. Et le film nous le fait comprendre petit à petit, subtilement, sans simplisme et par ses différentes faces. Une réussite dans le style réaliste, description sociale, psychologie douloureuse.