Très sombre, en effet. Mais on se fiche assez vite de connaître le secret. Le film installe un climat, crée une ambiance mystérieuse et glauque, propose une relation très étrange entre un père photographe et une fille... modèle. Un assistant, observateur effacé, va évidemment, devenir le personnage central.
Le premier ennui de ce film c’est que le rôle principal du photographe a été attribué à Olivier Gourmet. S’il donne le change au début, très vite il redevient aussi mauvais qu’à son habitude, parlant faux et jouant comme un manche.
Sa fille, hélas, ne fait guère mieux. Alors déjà cela plombe un peu l’espoir de trouver le film réussi. Ce qui maintient l’attention du spectateur bienveillant, c’est la beauté des images, la photographie très subtile, les décors et les costumes admirablement agencés. Souvent l’image semble d’ivoire et de noirs plus ou moins profonds, les clairs-obscures contribuent, pour beaucoup, à donner
au film un style qui rehausse le niveau. Car le récit est construit sur des... clichés (facile, je sais, mais bon, c’est un film sur un photographe) et l’évolution en est très laborieuse, de pacotille ; je ne suis guère sensible aux ectoplasmes et aux revenants, aux images mentales, aux fantômes et aux mystères qui ne reposent que sur l’esprit tortueux du scénariste qui trouve là, le seul moteur pour faire avancer l’intrigue poussive.
A cela s’ajoute une musique comme l’on n’en rêve plus, surlignant chaque frémissement, assourdissant chaque oreille attentive. Une sorte de parodie de ce qui se fait avec talent ; ailleurs.
Ce film qui sent bon la province française, est aussi coproduit grâce au tax shelter une nouvelle fois sollicité en dehors de son objet, même s’il paraît au générique que les prestations et prestataires belges sont réels.