Un film de mec. Sauf que c’est une femme qui est le mec. Une personne qui mangerait ses propres enfants pour arriver. Heureusement elle n’a ni enfants, ni famille, et les mecs, elle les fait venir, par agence, pour assouvir ses besoins charnels.
La structure du récit est habilement compliquée puisque nous suivons ces espèces d’enquêtes politico-judiciaires menées par un « ancien » qui manie le marteau avec autorité et qui pose des questions comme dans les films américains.
L’histoire est en deux parties, la première concerne Nutella (amusant !) l’autre, une tentative de modifier les conditions d’accession aux armes à feu aux U.S.A.
Alors les équipes se déchaînent, les moyens employés sentent le Watergate, la violence des propos, des manigances, donnent à ce film des parfums capiteux. Heureusement, car pour le reste, c’est un concours de moulins à parole. Mais l’on ne s’ennuie jamais car le rythme est celui d’une crise permanente. Et l’actrice est éblouissante dans un rôle de requin à talons aiguilles.
Il est amusant de penser que le réalisateur de ce film « hyper américain » est anglais, comme l’est Andrea Arnold, la réalisatrice de American Honey (359). Madden avait déjà frappé avec Shakespeare in Love & Indian Palace. Le regard critique porté sur certains aspects de la vie américaine doit-il être porté par des non-améri-cains comme pour Jackie (356) ?