Le titre français proposé est « Grave » ce qui ne me paraît pas très heureux. Sauf à considérer l’expression un peu « jeuniste » pour désigner une chose importante, impressionnante. Raw a plusieurs acceptions en anglais : matière première, cru (pour aliment, viande, ce qui est à propos dans ce cas...) et « brut » pour un textile non traité. Raw se dit aussi de mémoires numériques et de certaines caméras qui se caractérisent par la très faible compression du signal enregistré. Voilà, c’était le message du professeur sans doute encore bien ignorant.
Quoi qu’il en soit, ce film présente un double intérêt : celui d’un « genre » très assumé, celui de l’horreur gore (sanglante) qui désigne les humeurs suintant d’un corps ; ou le pénétrant... Bon appétit.
Et second intérêt, à mes yeux, de ce film, c’est la description haute en couleur et sans concession de l’ambiance des baptêmes estudiantins. Appelés bizutages pour ne pas parler de séances SM collectives plus dignes de camps de formation pour SS que d’universités pour intellectuels en devenir. Mais soit, chacun ses goûts et ses rites de passage.
Alors il y a le vernis psy qui devrait tout justifier : les névroses, les maladies mentales et leurs cortèges de phantasmes. Ici, la collection est haut de gamme et ne vous laissera pas sur votre faim.
Petit regret, la jeune comédienne qui assume le rôle pivot du film n’a pas tout à fait le niveau. A mes yeux, mais elle est encensée par la critique, 3 étoiles au Gault et Millau de la dégustation cannibale. J’aime l’anecdote - non vérifiée - que dans certaines salles aux USA, des sacs sont distribués comme dans les avions, au cas où...
Bref, un film à n’aller voir qu’en toute connaissance de cause, et pas pour les préliminaires à une love story !
Ruben Impens est le chef opérateur du film, très talentueux. Un film coproduit par la Belgique.