Ce couple de cinéastes chorégraphes trace son sillon sans en sortir depuis plusieurs films : L’iceberg, Rumba, La fée. Si vous n’en avez pas vu, voyez celui-ci. Il est semblable par le talent, l’originali-té, la singularité provocante, dans le meilleur sens de la démarche. Personnellement, je ne suis pas fan, mais je dois reconnaître avec admiration ce style héritier de Keaton et Tati, de Sim et tant d’autres clowns qui imposent le travestissement du réalisme en une sorte de rêve éveillé qui ne répond qu’à la fantaisie absurde et tendre de situations invraisemblables et pourtant ancrées dans un univers apparemment normal.
Tout est calculé, cadré, éclairé, joué, de façon très construite. Cela ne manque pas de charme ; si l’on y est sensible. Une pensée toute particulière pour Emmanuelle Riva qui y paraît pour la dernière fois. Vous verrez, avec Pierre Richard, c’est le pied ! Après Amour, ce dernier pas de deux lui aura montré le chemin du paradis des grandes actrices. Faites un bout de chemin avec elle, vous en serez peut-être enchantés. De même, pour les fins connaisseurs, il y a une scène de référence à un autre repas pris sur une table, à côté d’une porte de service. La Belgique est coproductrice. Merci le tax shelter.